Salut à tous,
Je me lance enfin pour donner mon ressenti sur Hazbin Hotel, après avoir regardé la saison avec curiosité mais aussi pas mal d’attentes. J’avais entendu énormément de choses, du statut quasi culte de la série avant même sa diffusion officielle jusqu’aux débats assez tranchés autour de son humour et de sa direction artistique. Résultat, je ressors avec un avis plutôt nuancé, mais globalement positif.
Ce qui m’a frappé en premier, c’est l’univers. Visuellement, la série a une identité très forte, presque agressive dans le bon sens du terme. Couleurs saturées, designs anguleux, décors surchargés. On sent une vraie volonté de créer un Enfer à la fois grotesque, séduisant et dérangeant. Ce n’est clairement pas un univers lisse ou consensuel, et c’est précisément ce qui le rend intéressant. Chaque personnage semble pensé pour être immédiatement reconnaissable, avec une silhouette et une palette qui racontent déjà quelque chose de sa personnalité.
Sur le plan de l’animation, je trouve le niveau globalement très solide. Tout n’est pas parfait, certaines scènes sont plus statiques que d’autres, mais l’énergie est bien là. Les séquences musicales, en particulier, bénéficient d’un vrai soin. Les chansons sont nombreuses, parfois inégales, mais souvent mémorables. J’ai apprécié le fait que la musique ne soit pas seulement décorative, mais qu’elle serve à faire avancer les personnages ou à dévoiler leurs failles.
Concernant l’humour, c’est probablement l’aspect le plus clivant. Hazbin Hotel repose énormément sur un humour noir, absurde, parfois vulgaire, souvent très frontal. Personnellement, tout ne m’a pas fait mouche, mais j’ai souri plus d’une fois. Il y a un côté excessif assumé qui colle bien au cadre infernal. Cela dit, j’ai aussi eu l’impression que certains gags cherchent avant tout à choquer plutôt qu’à être réellement inventifs. Ce n’est pas rédhibitoire, mais ça peut fatiguer à la longue.
Là où la série m’a le plus convaincu, c’est dans ses personnages. Charlie, avec son optimisme presque naïf, fonctionne très bien comme point d’ancrage émotionnel. Elle n’est pas simplement gentille, elle est aussi obstinée, parfois maladroite, ce qui la rend crédible. Alastor, de son côté, est clairement un des gros points forts. Son charisme, son ambiguïté et son côté imprévisible apportent une tension constante. Les personnages secondaires ne sont pas tous également développés, mais on sent un potentiel important pour la suite.
J’ai également apprécié le thème central de la rédemption. L’idée de se demander si des âmes considérées comme irrécupérables peuvent changer est classique, mais bien exploitée ici. La série ne donne pas de réponses simplistes. Elle montre des tentatives, des échecs, des contradictions. C’est ce qui empêche Hazbin Hotel de se réduire à une simple comédie trash.
En revanche, je trouve que le rythme est parfois bancal. Certains épisodes semblent vouloir en faire trop, entre intrigue, chansons, humour et développement des personnages. Résultat, certaines idées intéressantes sont survolées. J’aurais aimé que certains arcs aient un peu plus de temps pour respirer.
Au final, pour moi, Hazbin Hotel est une série imparfaite mais sincère. Elle a une vraie personnalité, une vision claire et une ambition évidente. Ce n’est pas une œuvre qui plaira à tout le monde, et c’est très bien comme ça. De mon côté, je suis curieux de voir comment l’univers et les personnages vont évoluer. Si la série parvient à affiner son écriture et à mieux équilibrer ses différents éléments, elle pourrait vraiment gagner en profondeur. En l’état, je la considère déjà comme une proposition audacieuse et rafraîchissante dans le paysage de l’animation pour adultes.